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Publié le vendredi 7 août 2020

Il est à noter que pour le Peloton professionnel d’aujourd’hui, cette difficulté est une parfaite inconnue. Christian Prudhomme, le Directeur du Tour doit sans doute, en secret, espérer un effet de surprise.

Elle a été pourtant sous les feux de la rampe au siècle dernier avec les cinq passages du défunt Grand Prix Cycliste du Midi-Libre organisé de 1949 à 2002. Cette épreuve renommée, dirigée par Roger Bène, sillonnait naguère les routes du Languedoc, du Rouergue et des Cévennes. Placée initialement à la mi-juin, elle constituait un ultime rodage avant le Tour pour le Gotha du Cyclisme. De grands champions figurent à son palmarès. D’ailleurs, en 1971, Eddy Merckx y est venu, avec tout le panache qui était le sien,  écrire une page d’histoire.

La découverte de la Lusette par le peloton professionnel eut lieu en 1974, une course sans relief. Le français Jean-Pierre Danguillaume portait le maillot « sang et or ». C’était l’époque de la grande équipe BP-Peugeot qui allait triompher dans le Tour l’année suivante. 1975, c’est l’avènement d’un jeune transalpin : Francesco Moser. Vainqueur la veille à la Grand’Combe, il gagnera l’épreuve. Mais le passage à la Lusette fut particulier ; un ciel bas avec une brume persistante, du froid et même une averse de grésil !

Quelques années plus tard, en 1978 dans l’étape Le Vigan-Espalion, le néerlandais Joop Zotelmelk donna un fabuleux récital avec à ses trousses le trio Thévenet, Poulidor, Van Impe. Un merveilleux souvenir ! Cette année-là, le belge Johan De Muynck, récent vainqueur du Giro, remporte l’étape et l’italien Claudio Bortolotto l’emporte au général. Le regretté Felice Gimondi figurait aussi dans le peloton.

1981, Jean-René Bernaudeau s’impose une nouvelle fois, mais l’attraction c’est bien sûr la présence de Bernard Hinault, ceint du maillot arc-en-ciel. Malheureusement, le breton n’était pas au mieux et passa l’obstacle cévenol dans la souffrance avant d’abandonner l’épreuve quelques dizaines de kilomètres plus loin sur le Causse Méjean.

Pour le dernier passage en 1988, la caravane du GP passa par Taleyrac et le col des Vieilles où Luc Leblanc déclencha la bataille, mais un violent contre de Laurent Fignon et Claude Criquelion ruina ses espoirs. Le français et le belge donnèrent alors une leçon de cyclisme devant une foule des grands jours. Unis dans l’effort, leur échappée prit de l’ampleur jusqu’à Millau, terme de cette étape. Une crevaison dans le dernier kilomètre enleva tout espoir au français, le wallon s’imposa dans la cité aveyronnaise et remporta l’épreuve du même coup.

Bien entendu, le cyclisme des années 70-80 ne bénéficiait pas de la couverture médiatique d’aujourd’hui. Par contre, les souvenirs demeurent bien ancrés dans la mémoire des passionnés de cyclisme qui ont vécu cette époque-là.

En ce qui concerne le cyclisme de plaisance, La Lusette est bien connue des cyclotouristes qui naguère participaient à la randonnée de l’Aigoual, des C.T.Montpelliérains, de la randonnée du Clapas (MUC). De nos jours, seule la randonnée « sept cols en Cévennes » de nos voisins gangeois, s’engage sur ces pentes exigeantes. Dans le domaine du cyclo-sport c’est la Cycl’Aigoual qui honore de temps à autres cette rude montée.

Elle est aussi en vedette, chaque premier week-end de mars à l’occasion du Trail du Pays Viganais. En fin de l’hiver, c’est le froid et même parfois la neige qui accueillent les nombreux participants au sommet du Serre de la Toureille à 1200m d’altitude.

Guy Cambéssèdes

 

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